Long article pour Gwenola et tous les adoptants qui seront je l’espère pour eux un jour de passage sur
Ouagadougou pour une durée plus ou moins longue.
Depuis trois semaines nous résidons dans une petite case située dans le grand parc de la mission protestante (barrage n°2 pour les
détails) à l’intérieur duquel est située la pouponnière « Joscheba ». Cette petite case n’est pas si petite d’ailleurs surtout quand on doit y faire le ménage et ici c’est poussières en permanence
mais en Afrique on n’y échappe pas même dans les plus grands hôtels… Il s’agit tout de même d’un F4 avec trois chambres de bonnes tailles (5 lits + un lit bébé), un séjour avec salon et grande
table pour le repas (on y mangerait aisément à 8 !), une cuisine à l’européenne avec un filtre à eau pour éviter d’acheter des bouteilles, un frigo vieillissant mais avec une case congélation qui
fonctionne bien (attention aux coupures de courant tout de même !) et une gazinière avec le four HS. La cuisine est équipée de vaisselle et de marmites pour les fins cuisiniers comme maman (bon
j’avoue, à part les rougails saucisse elle n’a pas beaucoup cuisiné !). Sur Ouaga à Marina Market, on trouve de la viande relativement bonne donc en fait on en mange beaucoup plus qu’à la Réunion !
Pour les fruits et légumes il suffit d’aller au goudron à la sortie du parc.
J’en reviens à la description de la maison, j’allais oublier les deux salles de bains équipées chacune de toilettes, lavabos et douches. N’espérez tout de même pas utiliser les deux en même temps
car l’approvisionnement d’eau reste limité mais c’est tout de même très pratique car la douche mouille tout le sol donc les toilettes et le lavabo restent accessibles dans la 2ème SDB.
Voici donc notre petit environnement avec plus de photos dans l’album « Mission protestante ». Ce n’est pas le grand luxe mais le confort y est certain. Toutes les pièces sont équipées de
ventilateurs pour ceux qui craignent la chaleur et attention aux clims qui peuvent vous gâcher le séjour avec un vilain rhume.
Evidemment, vous l’aurez tous compris, nous recommandons chaudement à tous les adoptants de
louer ces petites villas car il y a en plusieurs dans le parc qui est gigantesque, très calme car très peu de circulation mais aussi sécurisé (gardien nuit et jour à côté des cases et Martin – le
dalon de papa ! - à notre disposition chargé de l’entretien des cases). Les villas sont accessibles à tous que ce soit pour un séjour de courte durée (tourisme ou adoption) mais aussi pour un
séjour plus long.
A la sortie de ce parc, vous trouverez une supérette de dépannage et un très bon snack-grill-pizza où on peut acheter à emporter si on ne veut pas s’embêter à cuisiner. L’immense avantage de ces
villas est le fait de se sentir chez soi ce qui important pour nouer les premières relations avec son enfant dans un esprit familial ce que vous ferez difficilement dans un hôtel. Un hôtel vous
sera peut-être recommandé à proximité, nous y avons passé notre première nuit et nous n’en aurions pas passé plus car son prix est indécent surtout pour le confort apporté, la piscine est salle,
les chambres sont envahies de moustiques et évidemment pas de moustiquaires et pour couronner le tout : les chiens des patrons (des lévriers) n’ont pas arrêté de me montrer leurs crocs ! L’accueil
de surcroît à été très froid, nous n’étions pas les bienvenus semble-t-il alors que l’hôtel était vide… Adresse à proscrire totalement selon nous, sans oublier que dans un hôtel vous êtes dépendant
du restaurant et il vous faudra vous armer de patience à chaque commande car un cuisto ici ira d’abord acheter les condiments avant de préparer son plat… Petite anecdote sur le sujet, nous sommes
allés manger dans un restaurant sur le bord du barrage très tendance « Ouaga plage » il s’appelle ! Maman nous a tous regardé manger car le pizzaïolo avait de la matière pour deux pizzas mais non
pas trois donc il a envoyé un coursier pour aller chercher du fromage et pour faire mal, ce dernier à crevé sur la route ! On ne saura pas si c’est avant ou après avoir trouvé le fromage… Du coup,
au bout de deux heures et une grosse engueulade, ils se sont décidés à nous dire la vérité (encore que, on peut avoir des doutes…) avec pour faire passer la sauce, un hamburger pour la « petite »
(moi !) alors que c’est maman qui n’avait pas mangé ! Inutile de vous dire que le hamburger ils se l’ont gardé et on n’y remettra plus les pieds ! Le plus gênant pour eux c’est que notre ami
canadien était avec nous et il envoie tous les ans au-moins 150 personnes à l’hôtel juste à côté et il est clair qu’il leur donnera comme consigne de ne pas aller manger là-bas. Pas de bol pour cet
établissement qui avec un peu plus de rigueur pourrait faire de l’or mais ici on est en Afrique…
J’allais oublier, la case se situe à environ 300 mètres de la pouponnière ce qui apporte aussi une certaine sécurité les premiers jours. Nous y allons quand bon nous semble, Fati vient voir
Awakié quand elle le désire et maman fait son tour quotidien à côté du bureau de la mission pour chopper le réseau sans fil, autre avantage indéniable de résider sur place. Seul regret, de ne pas
chopper le réseau de la case mais papa est content car le temps consacré à l’Internet est rationné pour maman !
Vous trouverez
également dans l’album « mission protestante » quelques photos de la pouponnière qui est très fonctionnelle et verdoyante. Un petit coup de jeune dans les dortoirs serait le bienvenu mais ces
derniers sont très propres. Le temps est rythmé à l’intérieur de chaque dortoir et une tatie est nommée comme responsable. Chaque tatie à en responsabilité deux ou trois enfants qu’elle doit passer
voir tous les jours même si elle est affectée à une autre fonction (cuisine par exemple). Tous les enfants mangent, dorment, jouent en même temps. Les activités sont réparties dans des kiosques
extérieurs mais abrités du soleil en fonction de l’âge des enfants. Seuls les tout petits sont dans des transats dans le couloir. Martine la
directrice est très présente et
elle connaît tous les enfants par leur prénom. Elle suit leur évolution également sur le plan médical puisqu’elle est infirmière. Elle réside aux côtés de la pouponnière mais sa présence est quasi
permanente aux côtés des tatis. Le seul hic à la pouponnière est la fin de demi-journée où les couches en tissu n’absorbent plus du tout. Il y a un gros manque à ce niveau surtout de couches
plastifiées réutilisables. Difficile pour nous occidentaux de voir tous les enfants baigner dans leur pipi et leur caca mais malheureusement il est impossible pour une telle structure de financer
des couches jetables qui sont un luxe ici. Les enfants sont baignés au-moins une fois par jour fort heureusement ! Awakié est vraiment une petite princesse maintenant comparé à tous ces enfants
avec ses fesses propres et ses beaux habits… Espérons que eux aussi retrouveront vite le confort d’un foyer qu’il soit de filiation biologique ou adoptive le cas échéant.
Je m’arrête là car il se fait tard, ce message vous parviendra peut-être demain… Tiens, l’avion d’Air France vient de décoller, nous espérons être dedans la semaine prochaine…
Aïssé
Par Aïssé
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Publié dans : Ouagadougou
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